Accueil > Agir > Conseils > Choisir sa station de sport d’hiver !

Choisir sa station de sport d’hiver !

Onéma, le jeudi 1er février 2007
 

Mots-clés

La montagne est fragile, nous devons la respecter.

Si la montagne vous gagne, sachez que vos vacances à la neige ne seront pas sans incidence sur la planète. Pour minimiser l’empreinte écologique que vous laisserez, vous pouvez vous référer au guide vert des stations de montagne publié par l’association de snow-boards, skieurs, randonneurs ou tout simplement des amoureux de la nature et de la montagne : mountain-rider. Téléchargez le ici.

Cette association s’est donnée pour objectifs de :
> Sensibiliser à l’écologie en montagne, plus précisément à l’impact de l’homme au sein d’un écosystème fragile.
> Permettre la prise de conscience individuelle sur les comportements à risques générateurs de déséquilibres écologiques : pollution, surconsommation, gaspillage énergétique, destruction de la faune et de la flore.
> Informer sur les comportements écologiques à adopter en matière de traitements des déchets, transport, hébergement, pratiques sportives (exemples : tri sélectif, covoiturage,...).
>Sensibiliser les enfants aux notions de développement durable et d’écologie en montagne.

Ce guide décrit donc les effort réalisés par 45 stations des Alpes et des Pyrénées en matière de :

> Politique de transport (rues piétonnes, transport en commun utilisant des carburants verts, incitation au covoiturage).
> Gestion des déchets (tri, existence d’une déchetterie, organisation de journées de ramassage des déchets sur les pistes, distribution de cendriers de poche).
> Efforts pour la qualité de l’eau (présence d’une station d’épuration, valorisation des boues de cette station, réalisation d’économies d’eau et présence de toilettes sèches).
> Sensibilisation à l’environnement (panneaux ou plaquettes d’information, organisation d’événements).
> D’économies d’énergie (éclairage public basse consommation, présence de panneaux solaires, présence d’une microcentrale hydraulique ou d’une chaufferie au bois).

Un pictogramme symbolise chacune de ces actions. Le lecteur peut donc comparer le nombre de pictogrammes pour chaque station.

Mais attention, tous ces pictogrammes n’ont pas le même intérêt

Cette initiative est fort louable. Mais pour vous aider dans votre choix, j’attire votre attention sur le fait que toutes les mesures prises par les stations n’ont pas un intérêt écologique identique.

Ainsi par exemple, c’est le même pictogramme qui indique si une station ne possède pas de canons à neige ou… qu’elle possède des automates pour les toilettes publiques !!! Il n’y a guère de commune mesure entre ces 2 actions. Comment la simple présence d’automates pour tirer des chasses d’eau (un seul suffit-il ?) peut-il être comparé à la consommation d’eau des canons à neige ???

Craignant le manque de neige dû au changement global (autre façon de parler du réchauffement climatique sans le nommer) les stations de sport d’hiver se sont équipées de canons à neige pour le plaisir des touristes. L’impact de ces équipements de loisir est maintenant de mieux en mieux connu :
> Pollution de l’eau de neige par l’utilisation d’additif (le snomax) que le Cemagref décrit comme un milieu de culture pour les bactéries y compris pathogènes qui vont se développer dans les ruisseaux à la fonte des neiges.
> Problèmes d’approvisionnement en eau (4000 m3 par an et par hectare) souvent résolus par la destruction des très précieuses zones humides naturelles de montagne, qui sont remplacées par des retenues d’eau artificielles (en béton très moche) pour stocker l’eau nécessaire.
> Augmentation considérable des besoins en énergie des stations : 25 000 kWh sont utilisés chaque année par hectare de piste.

Mais le mal est déjà fait ! Car seules 2 stations (sur 45) obtiennent ce pictogramme : une qui n’a que 2 pistes et pas (encore ?) de canon à neige et une seconde qui des canons mais qui a équipé ses WC publics !

Et les économies d’énergies ?

De manière plus générale, le problème de la consommation énergétique des station est très peu abordé dans ce guide. Un télésiège consomme, 3.600 kilowatt en une journée. Cette consommation représente l’éclairage de 36.000 ampoules de 100 Watt pendant 8 heures, soit un montant de l’ordre de 30 000 Euros pour une saison d’hiver.

Au fait, avez-vous pensé à éteindre la lumière dans votre salle de bain avant de partir ?

Mais la montagne est en pente, non ? On peut y construire des microcentrales électriques. Aussi, si j’applaudis quand les eaux usées sont turbinées lors de leur descente vers la station d’épuration dans la vallée (comme à Valloire) je pense que le bénéfice environnemental d’une centrale thermique ou hydraulique en haute montagne est très discutable.

Ce guide constitue une première avancée pour les amoureux des sports d’hiver sensibilisés à l’écologie. C’est d’ailleurs ce qu’ont dû penser des partenaires prestigieux comme l’Ademe, l’Association Nationale des Maires de Montagne, la fondation Nicolas Hulot (Tiens là aussi ?) ou… la Lyonnaise des Eaux (certaines ne manquent pas une occasion de verdir leur image de multinationale exploitant l’eau, un bien commun à tous).
Mais il ne faut pas en rester là.
Chers lecteurs, profitez de vos prochaines vacances à la neige pour vous renseigner sur le nombre et le fonctionnement des canons à neige de votre station. Voyez donc aussi comment toute la débauche d’énergie de ces canons et des remontées mécaniques est produite.

C’est pour vous satisfaire que les stations s’équipent. C’est donc à vous de choisir votre station en fonction de vos convictions.


Répondre à cet article

2 Messages de forum

Demain la Terre.net 2005 Tous droits réservés - Merci SPIP