Réchauffement de la planète, GES, trou dans la couche d’ozone, pesticides ou amiante cancérigène, 6ème extinction d’espèces...
Je me réjouis qu’en période de campagne électorale ces thèmes auxquels je tiens, s’invitent dans le débat.
Ouh, les méchants Australiens qui brûlent leur forêt primaire pour replanter des eucalyptus. Pas bien les Brésiliens qui défrichent l’Amazonie. Oh, les pauvres africains du lac Victoria où les petits poissons qu’ils mangeaient ont disparu depuis qu’on y a introduit des grosses perches très prisées des occidentaux à qui on les vend !
Merci Monsieur Yann Arthus-Bertrand pour ces images magnifiques, pour votre combat et votre pédagogie.
Ok j’ai bien compris. Parce que ça rapporte, on sacrifie la nature (et donc notre avenir) sur l’autel des bénéfices à court terme. Mais ce n’est pas en France ... N’est-ce pas ? Tous ces exemples sont exotiques.
Et bien non !!! Bon sang, ouvrons les yeux. Nous sommes loin de montrer l’exemple à ceux qui n’ont que la nature pour survivre
Au nom de quel confort, pour combien de bergers, doit-on condamner les derniers ours des Pyrénées ou empêcher le retour du loup ? Au nom de quel plaisir, pour combien de chasseurs ou de pêcheurs, doit-on avoir peur du lynx ou des cormorans qui recolonisent notre pays ?
Parlons donc de problèmes français et de poissons. Aujourd’hui je découvre un article du Monde sur le saumon ! Avec l’esturgeon et l’anguille, voici 3 espèces parmi d’autres poissons de nos cours d’eau (lamproies, apron, loche d’étang, lote, etc) en grand danger de disparition. Pourquoi ? S’il est difficile de trouver une cause unique pour la plupart des espèces et qu’on peut accuser pèle-mèle les différentes modifications de la morphologie des rivières et la qualité des eaux, pour ces 3 grands migrateurs, une cause est évidente : les barrages qui bloquent les axes migratoires !
Je suis révolté que le principal producteur d’électricité français qui sponsorise moult émissions et manifestations en rapport avec l’environnement des cours d’eau, se batte bec et ongles pour exterminer ces espèces nobles et autrefois si abondantes qu’elles assuraient la richesse de plus d’une région. Pour quelques Terra Watts, donc quelques kilos Euros, on refuse la disparition de quelques barrages, la construction de passes à poissons sur d’autres ou l’installation de grilles pour éviter que les anguilles ne soient hachées par les turbines des microcentrales.
Mesdames et messieurs les électeurs français, votez utile pour la planète, nous dit-on de toute part aujourd’hui. Oui mais ouvrez les yeux. Ne donnons pas de leçons quand nous ne sommes pas capables de balayer devant notre porte !